Adolescent, comme beaucoup d’Italiens, j’ai vécu mon rite de passage : les vacances d’été en Romagne.
Je suis parti avec mon meilleur ami et ce petit groupe d’amis qu’on n’a qu’à douze ans—un peu comme dans Stand by Me. Je me souviens de cette ambiance particulière : entre aventure et fin de l’innocence. Pas de cadavre heureusement (même si l’un d’entre nous a fini à l’hôpital avec la tête ouverte… mais c’est une autre histoire).
Ce qui m’a vraiment marqué, en revanche, c’est l’hospitalité romagnole.
Quand on a grandi à Rome—où l’état émotionnel par défaut est une forme d’agacement permanent—cette gentillesse paraît presque irréelle.
Un après-midi à Cattolica, nous rentrions à l’hôtel sous une pluie battante. Le chauffeur de bus a fait un petit détour pour nous déposer juste devant l’entrée. Et il nous a même offert un parapluie.
À Rome, ce serait de la science-fiction. À Paris—où j’ai vécu dix ans—le sommet de l’hospitalité consiste parfois simplement à ne pas être mal reçu.
Chaque fois que je retourne en Romagne, ce souvenir revient. Parce qu’au-delà de la complexité de la distribution, de la concurrence féroce ou des prix qui partent dans tous les sens (je dis souvent que je peux faire du marketing partout… sauf en Chine et en Romagne), au final, tout se joue là.
Dans le geste en plus.
Dans la capacité à se mettre au service des autres.
Parce que « celui qui ne sert pas les autres ne sert à rien ».
C’est peut-être pour ça que la Romagne garde une longueur d’avance.
Et c’est peut-être pour ça qu’une partie de moi y est restée.
Avec ces amis qu’on n’a qu’à douze ans.
Sous la pluie.
Protégé par un parapluie offert.
Je pense qu’il y a une leçon pour nous tous ici.
À la semaine prochaine,
Simone
SIMONE PUORTO