Paris 2024 : Une aubaine pour l’hôtellerie, mais à quel prix ?
Avec l’arrivée des Jeux Olympiques du 26 juillet au 11 août 2024, Paris s’apprête à accueillir une vague sans précédent de plus de 11 millions de visiteurs. Parmi eux, environ 25% chercheront un hébergement, mettant ainsi à l’épreuve les capacités des 2400 hôtels d’Île-de-France et de leurs 160 000 chambres. Dans ce contexte de demande hors norme, l’Office de Tourisme et des congrès de Paris a indiqué que les prix des chambres d’hôtel sont prévus pour grimper spectaculairement, avec une augmentation moyenne de 314%, faisant passer le tarif moyen à 699€, loin des 169€ habituels au mois de juillet.
La fluctuation des prix dans l’hôtellerie n’est pas nouvelle et dépend fortement du contexte. Lors de grands événements comme la finale de la Ligue des Champions de 2022, certains hôtels parisiens ont vu leurs prix augmenter jusqu’à 15 fois le tarif normal. Cette situation est exacerbée par l’inflation générale des coûts en France, touchant notamment les ressources alimentaires et énergétiques.
Cette augmentation tarifaire, bien que stratégiquement justifiable par la loi du marché, peut néanmoins nuire à la perception à long terme des établissements par les clients. Les jeux précédents, tels que ceux de Londres et de Rio, ont démontré que de telles hausses peuvent altérer durablement l’image d’un hôtel. En effet, d’après Vanguelis Panayotis, président de MKG Consulting, certains hôtels londoniens ont connu une baisse de leur taux d’occupation de 12% suite à des pratiques tarifaires jugées excessives.
E-réputation : Une pièce maîtresse à ne pas négliger
Au-delà des bénéfices immédiats, il est donc essentiel de penser aux conséquences à long terme sur la fidélité des clients et sur l’e-réputation de votre établissement. Les clients attendent un service à la hauteur du prix payé, et un décalage notable entre les deux peut entraîner des critiques négatives qui perdureront bien après l’événement. Selon une enquête réalisée par Coach Omnium en 2022, 74% des clients choisissent leur hôtel principalement en fonction du prix; une mauvaise expérience tarifaire peut donc les pousser à chercher ailleurs pour leurs prochains voyages.
Comme nous l’avons étudié dans cet article, le Yield management, tout en optimisant les revenus à court terme, doit être utilisé judicieusement pour préserver les intérêts à long terme des hôtels. L’Office du Tourisme de Paris recommande d’établir des politiques de prix équilibrées et de résister à la tentation de hausses excessives qui pourraient repousser la clientèle potentielle. D’ailleurs, les tendances actuelles de cet été indiquent déjà une certaine réticence des visiteurs face à des prix élevés. Cette baisse de fréquentation a pour effet la présence d’une offre trop abondante, et finalement une tendance générale à la diminution des tarifs.
Pour tenter de ne pas se mettre de clients à dos et garantir un taux de réservation optimale, certains hôtels envisagent de mettre en place un taux semi-flexible. Celui-ci correspond aux prix affichés au moment de la réservation et est valable pour une chambre si