Bande-son idéale pour ce coup de gueule : « Erika »
Ça porte le nom d’une boisson que les Américains s’obstinent à commander après 11 heures du matin.
Mais le goût n’y est pas.
C’est le Chef qui, en 2025, a décidé que le véritable ennemi de l’hospitalité italienne, ce sont les employés.
Pas la bureaucratie paralysante. Pas la pression fiscale. Pas les salaires médiévaux.
Non : les communistes, les pédés, les “fainéants”.
On le lit et on a l’impression d’avoir ouvert par erreur Mein Kampf, édition reliée, supervisée par Gualtiero Marchesi.
Sauf qu’à la place de l’aigle impérial, on trouve une étoile Michelin et, gravée en dessous :
« La discipline rend libre. »
Nous sommes face à une idéologie déguisée en défouloir.
Un Chef qui fantasme une brigade composée de petits soldats obéissants, regard baissé, bouche cousue.
Tu tombes malade ? Saboteur.
Tu contestes ? Traître.
La cuisine n’est plus un lieu de travail mais un camp de rééducation productive.
Arbeit macht frei, version à la carte.
C’est le rant classique d’un petit Führer en tablier, nostalgique de l’époque où il pouvait hurler sur un plongeur et l’insulter sans que personne ne bronche.
Quand l’autorité ne se discutait pas et que les droits étaient une affaire de mauviettes.
Il dit être l’esclave de ses employés.
Non, mon grand.
Tu es l’esclave de ton ego, de ton ignorance et de ta vision autoritaire du monde.
Et si tu crois que la “liberté d’entreprendre” consiste à discriminer, humilier et purger ceux qui te dérangent — pour qui ils aiment, ce qu’ils pensent, comment ils s’habillent ou d’où ils viennent — alors tu n’es pas un entrepreneur.
Tu es juste un petit nazi avec une étoile Michelin.
Hier les chemises noires, aujourd’hui les tabliers.
La merde, au fond, reste la même.
À la semaine prochaine,
SIMONE PUORTO